Démonstration
Julie Taton a annoncé sa candidature aux élections communales de Mons en 2024, mais son projet a été stoppé par une règle du Code électoral exigeant une domiciliation locale. Georges-Louis Bouchez, président du MR, accuse la commune de Mons d’avoir mal appliqué les procédures de domiciliation, soulevant des questions sur la régularité de cette décision.
1. Les règles communales
Lorsqu’un citoyen déclare un changement d’adresse, l’administration communale initie une enquête de résidence pour vérifier la réalité de son domicile. La police mène normalement trois visites domiciliaires, mais celles-ci peuvent être ajustées si le citoyen informe clairement de ses périodes de disponibilité. Cela dit, aucun rendez-vous ne sera fixé à la demande du citoyen. En cas de doute ou de manque de preuves suffisantes, des éléments supplémentaires, tels qu’une enquête de voisinage, peuvent être intégrés pour confirmer la résidence. Si, après ces démarches, la présence du citoyen à l’adresse déclarée n’est pas établie, la demande d’inscription peut être refusée. Dans ce cas, un rapport de non-inscription est rédigé, et la décision finale, prise par le Collège communal, se base sur l’ensemble des enquêtes menées et des arguments présentés. Si le refus est maintenu, un recours peut être adressé au Gouverneur de province. En dernier recours, la décision peut être contestée devant le Conseil d’État pour excès de pouvoir ou, en cas de litige sur le domicile, devant le tribunal de première instance avec les possibilités de faire appels habituels.
2. Les faits
Dans l’affaire de Julie Taton, la procédure d’enquête de résidence semble avoir été correctement suivie. La police montre avoir effectué quatre visites entre le 21 et le 29 juillet, ce qui dépasse le minimum légal de trois visites. Julie Taton n’ayant pas signalé ses périodes d’indisponibilité, notamment ses vacances, la police n’était pas tenue de prendre ces absences en compte lors des visites. Une enquête de voisinage parait avoir été réalisée, bien qu’elle ne soit pas obligatoire. Cependant, cette enquête n’a pas permis de fournir des preuves suffisantes de la résidence effective de Julie Taton à l’adresse qu’elle avait déclarée à Mons. Ainsi, la demande d’inscription de Julie Taton a été rejetée.
Le 20 août, un rapport de police a recommandé le refus du changement d’adresse de Julie Taton à Mons, considérant que sa présence effective dans la commune entre le 14 juillet et le 1er août ne pouvait être attestée. Cette décision a été confirmée le 13 septembre par le Collège communal, qui a jugé la réclamation recevable mais non fondée.
Face à ce refus, le MR a introduit un recours auprès du ministère de l’Intérieur et déposé une plainte au pénal pour divulgation d’informations privées. De son côté, Julie Taton a porté plainte contre X le 30 août, dénonçant la fuite d’informations confidentielles dans la presse.
Le 16 septembre, la justice bruxelloise a infligé un premier revers à la députée en rejetant sa demande d’inscription en urgence au registre des électeurs et en la condamnant à indemniser la Ville de Mons et l’État belge à hauteur de 1.800 euros chacun.
Enfin, le 18 septembre, la cour d’appel du Hainaut a validé la décision de la commune, concluant que la procédure avait été menée conformément aux règles légales. La Cour a affirmé que la décision de non-inscription reposait sur des preuves objectives et non sur une décision arbitraire ou politique, confirmant ainsi que la ville de Mons avait agi dans le respect des normes en vigueur. La cour déclare que “la décision de la ville s’est basée sur une enquête de résidence, dans les délais prescrits, lesquels ne prévoient pas qu’elle devrait durer au moins 15 jours ouvrables. Les indisponibilités n’ayant pas été précisées et le départ en congé non mentionné, il ne peut être reproché à l’agent d’avoir procédé à son enquête à différents moments. L’enquête a été menée régulièrement. Il ne peut être reproché aux agents de ne pas avoir consulté les réseaux sociaux ou d’avoir effectué une visite le 21 juillet, jour de Te Deum.”
Pour ces raisons, la Cour estime « que la décision de non-inscription de la ville ne peut être considérée comme arbitraire » et qu’aucun élément ne permet de démontrer que Julie Taton a été traitée différemment des autres citoyens. Le recours de Julie Taton était bien recevable, mais non fondé, mettant ainsi un terme à ses ambitions communales.
Un ultime recours auprès du ministère de l’Intérieur avait été envisagé, mais le dossier semble incomplet et hors délai. Avec cette décision judiciaire, la « saga Taton » se clôt sur un échec politique et juridique retentissant.
Conclusion
En conclusion, la procédure de domiciliation parait bien avoir été respectée conformément aux règles communales et légales dans l’affaire « Julie Taton ». Les accusations de Georges-Louis Bouchez, qui prétendait que la commune de Mons n’avait pas respecté la procédure, paraissent donc infondées. Les décisions judiciaires ont clairement confirmé que toutes les démarches ont été menées de manière légale et objective, sans ingérence politique, et les allégations de Bouchez ne semblent pas correspondre aux faits.
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